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Markus Raetz

Dessins

HAUPTBAU / 20.10.2012–17.02.2013 / Commissaire : Anita Haldemann

Le cabinet des estampes du Kunstmuseum Basel consacre au Bernois Markus Raetz (*1941) exposition rétrospective de ses dessins. En étroite collaboration avec l’artiste, un choix a été opéré réunissant plus de 200 aquarelles, dessins et polaroïds, 60 carnets et un film d’animation, tous réalisés entre 1960 et 2012. Ils offrent un aperçu des confrontations, plurielles, techniquement magistrales et souvent pleines d’humour, auxquelles se livre Raetz avec les processus de perception. Raetz est l’un des artistes contemporains suisses les plus importants de sa génération. Sa carrière commence dans l’atmosphère effervescente des années 1960 à Berne, à l’époque où Harald Szeemann dirige la Kunsthalle. En 1968 et 1972 déjà, il prend part à la documenta de Kassel. Après un séjour prolongé à Amsterdam (1969– 1973) et Carona (Tessin, 1973–1976) ainsi que plusieurs longs voyages en Italie, Egypte et Tunisie, il s’établit à Berne en 1977, où il travaille encore aujourd’hui. En plus de sa présentation au pavillon suisse de la Biennale de Venise en 1988, l’artiste est régulièrement exposé en Suisse comme à l’étranger, que ce soit dans des exposition personnelle et de groupe. Il a en outre été récompensé par de nombreux prix.

À lui seul, le chiffre de 30'000 dessins, que comprend l’oeuvre sur papier de Raetz, donne une idée du rôle central qu’a pour lui ce médium. Il conserve tout dessin, et souhaite par là documenter le processus artistique dans sa globalité. Les dessins ont diverses fonctions, qu’il s’agisse de croquis d’idée ou de dessins préparatoires pour des tableaux ou des sculptures, on y trouvera des calculs précis ou des approximations ludiques. Il y a des séries de dessins aussi bien que des dessins autonomes, des feuilles isolées comme des tableaux en soi, sans compter 60 carnets et cahiers. Raetz n’aime pas montrer un dessin isolément. Toute feuille appartient pour lui à un ensemble, un contexte, et il ne peut déployer ses effets que dans sa proximité avec d’autres. L’art conceptuel, qui a fait son entrée en Suisse à la fin des années 1960, place le processus artistique qui mène à l’oeuvre devant l’oeuvre isolée et représentative. Ce qui vaut au dessin d’être davantage pris en considération. Raetz qui a toujours dessiné, en a fait dans les années 1970 son premier moyen d’expression, et par phase, son unique activité. Il en est vite devenu le dessinateur suisse par excellence. Il s’est consacré à ce médium avec des résultats impressionnants, il a interrogé, son crayon à la main, l’acte de voir et comment ce dernier s’inscrit dans le temps. Depuis, il mène une quête de toute une vie dans le domaine du visible. Pour ce faire, il combine avec légèreté intuition et intelligence, systématique et spontanéité. Il recherche de préférence les zones intermédiaires de la perception, là où un flou apparaît, où des questions se posent. Les motifs des dessins de Raetz, que ce soient des stars comme Elvis ou Marilyn, des Pin-ups ou des autoportraits, jouent toujours un rôle secondaire. Au coeur de son travail, la question suivante revient sans cesse : comment se crée une image et comment reflète-t-elle notre propre regard ? C’est ainsi qu’il trace des trames de points ou de lignes ou des images déformées, des anamorphoses. Un dessin peut surgir autre part que sur papier, comme en témoignent les silhouettes tracées sur du sable ou les traits de visages en petites branches. La photographie sert alors à les fixer. Une série de maquettes de sculptures ou d’installations, mais aussi quelques sculptures soulignent, dans l’exposition, que le travail de recherche autour des processus de perception que mène Raetz par le dessin, peut aussi avoir lieu dans l’espace. En lien avec ces projets, apparaissent toujours au préalable des études tantôt précises ou ludiques, qui constituent depuis les années 1990 le noyau dur de son oeuvre dessiné.

Les oeuvres exposées proviennent en grande partie de l’atelier de l’artiste et de la collection de sa femme Monika Raetz. Elles sont complétées par le fond du cabinet des estampes de Bâle. À cela, s’ajoutent des prêts de l’Aargauer Kunsthaus à Aarau, du Kunstmuseum Solothurn et de plusieurs collections privées. Le fait que cette rétrospective des dessins ait lieu à Bâle s’explique par la relation privilégiée qu’entretient Raetz avec le Kunstmuseum de Bâle. Sous la direction de Dieter Koepplin, le cabinet des estampes a commencé, dès 1968, à réunir des groupes représentatifs des dessins et des gravures de l’artiste. En 1972, avec Markus Raetz. Zeichnungen, Objekte, Koepplin a organisé au Kunstmuseum Basel la première exposition personnelle de Raetz dans un lieu institutionnel. En 1989, c’est le Museum für Gegenwartskunst qui montait l’exposition Markus Raetz. Installation, Zeichnungen. Ainsi, 40 ans après la première présentation de l’artiste à Bâle, le Kunstmuseum accueille sa rétrospective.