Kara Walker, Dessins 1993–2020

A Black Hole is Everything a Star Longs to Be

Neubau / 16.05.–23.08.2020 / Commissaire : Anita Haldemann

Pour la première fois, Kara Walker (*1969) présente des centaines de dessins réalisés ces 27 dernières années et conservés sous clef dans son atelier. Le Kupferstichkabinett Basel consacre à cette artiste américaine de renommée internationale la première grande exposition solo en Suisse enrichie de travaux récents.

Walker fait sensation pour la première fois en 1994 avec ses papiers découpés sur murs. Aujourd’hui, elle occupe une place de premier plan aux États-Unis. Dans des saynètes provocantes et scandaleuses qui, dans le même temps, présentent un grand raffinement technique et une esthétique plaisante, elle traite du racisme, du sexe, de la sexualité et de la violence – sans aucune considération pour le politiquement correct. Elle y aborde l’histoire des États-Unis, de l’esclavage jusqu’à la présidence de Barack Obama. Pour Walker, il ne s’agit pas de se réconcilier avec le passé, mais de remettre en question les visions de l’histoire et les mythes. Sans aucun ménagement, elle met en évidence des conflits qui persistent encore aujourd’hui et reflète ainsi l’émergence de l’identité collective et individuelle.

Le fait que Walker travaille sur papier est essentiel. Ses esquisses et ses notes suggèrent l’intimité ainsi que des messages authentiques et d’actualité. Dessin et mot sont les instruments parfaits de la satire et de la caricature, du pamphlet et de la subversion. Ses travaux sur papier témoignent, dans leur diversité, de la rapidité et de l’aisance avec laquelle elle invente des figures, de la manière dont elle modifie soudainement des formes et dont elle laisse affleurer l’ambiguïté dans ses récits.

L’abondance et la variété de dessins témoignent des différentes sources d’inspiration de Walker. Parmi celles-ci, citons les clairs-obscurs de Goya, le tracé d’un James Ensor ou le trait caricatural d’Hogarth. Ses œuvres les plus récentes font clairement apparaître des rehauts sur papiers teintés à la manière des maîtres anciens et même des pastels de couleur. Cette référence à l’art ancien pose la question des modèles et, par extension, de la manière dont une artiste afro-américaine s’inscrit dans l’histoire de l’art.


L’exposition est soutenue par :

  • Isaac Dreyfus Bernheim Stiftung
  • Freiwilliger Museumsverein Basel
  • Stiftung für das Kunstmuseum Basel